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Interview d’Aurélien de retour du Myanmar (Birmanie)

Myanmar Birmanie

Le Myanmar: un pays d’Asie du Sud Est que je n’ai pas encore exploré bien que l’envie ne manque pas… Mais un de mes excellents amis en revient et je vous propose donc de partager son expérience Birmane…

1) Aurélien, peux tu te présenter et nous parler de ta vision du voyage?

Je suis baby-routard ! J’ai commencé les grands voyages indépendants il y a peu de temps. Il y a trois ans, je visitais l’Afrique du sud, en suivant les conseils de mon ami Julien. Depuis, je n’arrête plus. Cela devient une vraie passion. Dans le voyage, je recherche l’aventure et la découverte. J’aime découvrir les villes et les modes de vie des gens. Je me renseigne toujours un peu sur la culture du pays, la religion/les croyances et les traditions culinaires, afin d’essayer d’apprécier le plus possible ces choses sur place. Je cherche aussi à m’en mettre plein les yeux en me rendant dans des endroits où la nature a créé de magnifiques paysages.
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2) Tu reviens du Myanmar: Pourquoi avoir choisi ce pays?

Ce pays m’intrigue, j’avais envie de le découvrir. Ce qui m’a le plus attiré est le statut politique actuel. J’avais envie de voir comment toute une population peut supporter de vivre sous une telle oppression, privée de libertés, dans la plus grande pauvreté. J’avais souvent lu que les gens sont d’une gentillesse incroyable et je me disais : mais comment est-ce possible ?!

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3) Quelle est ton impression générale?

C’est un voyage que j’ai adoré. Ce pays est magnifique aussi bien pour la beauté de ses paysages que la gentillesse de sa population. Tout est simple et lent. Culturellement, c’est une vraie claque dans la figure. Ces gens vivent de si peu, sont si peu libres et sont pourtant tellement aimables et souriants entre eux et avec les étrangers. Ce que j’ai ressenti, c’est qu’ils goûtent chaque minute avec joie. Souvent j’ai vu des gens rire d’un rien entre eux. La moindre occasion est prétexte à plaisanterie.
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4) Quel a été ton itinéraire?

J’ai atterri à Yangon puis effectué une boucle de trois semaines. Après une journée à Yangon, j’ai pris le bus de nuit pour Mandalay. Je suis resté deux jours à Mandalay puis j’ai quitté les sentiers battus pendant quatre jours. En quatre jours je suis allé à Kyaukmyaung en bateau, à Shwebo en pick-up, à Monywa en bus et enfin j’ai rejoins Pakokku, porte d’entrée de Bagan. Je suis resté à Bagan durant 2 jours. En visitant ces villes j’avais vu l’essentiel du centre du pays, Il s’agit d’une région de plaines, peuplée essentiellement de Bamars, l’ethnie majoritaire. Je me suis ensuite dirigé vers les montagnes de l’Est. J’ai rejoint Kalaw en bus. De Kalaw, j’ai marché jusqu’au lac Inlé en effectuant un trek de deux jours. Je suis resté au Lac Inlé durant quatre jours. Cette région est peuplée par l’ethnie Shan. Je suis ensuite revenu a Yangon pour repartir immédiatement vers Kyaik-Hti-Yo, le rocher d’or, dans l’état Mon. J’ai effectué l’ascension à pied puis je suis rentré à Yangon en train pour visiter la ville.
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4) Qu’est ce qui t’a le plus plu au Myanmar?

Indéniablement, c’est le Lac Inlé, pour la beauté de son cadre, pour la tranquillité de la vie qui s’y déroule. C’est un endroit pourtant touristique mais où je n’ai pas senti de pression touristique. De plus, les températures sont plus agréables que dans la plaine, un vrai bonheur ! La pension où j’ai résidé se trouvait en bord de canal, j’ai adoré bouquiner en regardant la population s’affairer à charger/décharger des barques au bord de ce canal. Enfin, j’ai été beaucoup amusé par le regard curieux de la population qui me regardait faire le marché habillé en longyi et tee-shirt.
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5) Qu’est ce qui t’a le moins plu au Myanmar?

Curieusement c’est Bagan. Peut-être avais-je déjà une idée trop préconçue de ce que j’allais y voir. J’ai sans doute été surpris de voir que la réalité ne ressemble pas à mon imaginaire. Pourtant, de nombreuses personnes croisées en route ont trouvé l’endroit génial et regrettaient de ne pas y être resté plus longtemps. Je n’ai pas trop apprécié l’ambiance trop touristiques autour de certains temples et dans la principale bourgade aux pensions pour routards (Nyaung U). Il y a de trop nombreux stands de souvenirs et je me suis fait trop souvent interpellé par des vendeurs. La chaleur y est étouffante.
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6) Comment a été l’accueil des birmans? et des autorités…?

Comme je le disais plus haut, les gens sont extraordinaires ! Ils ont une vie simple mais la joie est très souvent visible sur leur visage. J’ai croisé un nombre incalculable de sourires. Le contact est assez facile et les gens n’hésitent pas à aider, quitte par exemple a faire un détour indiquer une route !
Du point de vue des touristes, les autorités sont neutres. Il n’y a pas de pression particulière tant que les touristes restent dans le lieux autorisés. Comme les touristes sont source de revenus, l’état les laisse tranquilles. Une fois je me suis fait expulser de l’endroit où je venais d’arriver car dans ce lieu, aucun hôtel ne pouvait m’héberger pour la nuit. On m’a fait poursuivre ma route jusqu’à la ville suivante. Jamais je ne me suis senti en danger, par contre, je pense avoir été suivi pendant la dernière semaine de voyage.
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7) Quelle est maintenant ta vision du pays?

Une vison idyllique ? Une population heureuse en toute circonstance ?… Je suis très heureux d’avoir découvert cet aspect du Myanmar. Même dans la pauvreté, tout se déroule calmement… Mais c’est oublier que les endroits où j’ai été autorisé à me rendre sont des vitrines. De nombreuses zones sont interdites. Les montagnes abritent de nombreux opposants au régime. Lorsque j’ai essayé d’être un peu original sur l’itinéraire, j’ai été vite contraint de reprendre les routes touristiques… Il n’y a aucune contestation, la police est présente partout… Qui sait vraiment ce qui se passe dans les zones reculées ?…

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8.) Conseilles tu la visite de la Birmanie?

Je suis mitigé. Je n’ai pas envie de dire franchement « oui ». Tout simplement, parce que en étant touriste, sur place, je me suis moi-même retrouvé pris au piège du régime militaire, contraint d’aller seulement où on me l’autorise, privé de voir ce qui se passe dans des endroits reculés. Alors je dirais oui mais… En étant un touriste responsable. Il faut essayer de dépenser le plus possible son argent dans des endroits ou une faible part revient au gouvernement. Au maximum, il faut s’intéresser au gens et parler avec les personnes qui en ont envie plutôt que de prendre des photographies…
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Merci Aurélien d’avoir répondu à mes questions et j’espère que tu as donné envie à mes lecteurs de s’y rendre…

Vous êtes déjà vous rendu au Myanmar? Avez vous le même ressenti qu’Aurélien? Posez lui toutes vos questions, il pourra y répondre sur cette page…

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A propos de l'auteur

Auteur du blog voyage Voyageur Indépendant , Julien explore le monde depuis maintenant 10 ans après une première expérience en stage en Afrique du Sud. Il partage sur ce blog ses meilleurs conseils pour découvrir notre belle planète ainsi que ses meilleures découvertes! Sa devise: Le voyage est la meilleure des formations. Suivez le maintenant sur Google+

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Commentaires (13)

  • Kevin

    Salut Julien,

    Cet interview donne envi d’y aller. Surtout par les photos. On retrouve un peu de Thaïlande dans les paysages.
    Attention cependant aux « sourires ». La plupart du temps c’est pour cacher leurs problèmes. 🙂
    Kevin Articles récents..Kanchanaburi ou le pont de la rivière Kwai – ThailandeMy Profile

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  • Valentin

    Hey Aurélien et Julien merci pour cet article, ça donne trop envie !

    Aurélien, est-ce que tu pourrais préciser les démarches que tu as prises pour avoir ton visa ?
    Est-ce que c’est autant *chiant* qu’on le pense ? Et au niveau des entrées et sorties est-ce qu’on est obligé de rentrer par voie aérienne ou on peut utiliser des frontières terrestres ?

    En tout cas j’adhère 100% à ta vision du voyage – Aventure et Découverte

    Valentin

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    • Aurélien

      Hello Valentin,
      Chiant ? Pas en ce moment… Apparemment, les portes sont grandes ouvertes. J’ai contact l’ambassade du Myanmar à Paris et leur ai envoyé le nécessaire par poste (formulaire, passeport, photo). Mon passeport est revenu sous 15 jours.
      J’ai même rencontré des Français qui avaient fait leur visa à Bangkok en dernière minute ! Je suis entré/sorti par voie aérienne, par Yagon, donc je ne me suis pas posé la question de savoir si des variantes sont possibles. Mais d’après ce que j’avais lu, avec le visa classique de 1 mois, il FAUT entrer sortir par avion et par Yangon. Certains postes-frontière terrestres seraient accessibles mais donnent droit à des visa courts et limités à une petite zone géographique. J’ai voyagé avec Airasia et je n’ai pas payé les droits de 10$ à la sortie. L’hôtel m’avait conseillé de garder 10$ pour les taxes de sortie.

      Aurélien

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  • Guillaume

    Julien, Aurélien, je viens de finir de lire votre article et celui -ci m’a bouleversé. Merci Julien pour ton blog, magnifiquement bien conçu et des plus intéressants qui puisse exister sur la toile.

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  • Delphine

    Bonjour Julien et merci Aurélien pour avoir répondu à cet interview.
    Tu m’as vraiment donné envie d’y aller pour découvrir le pays et les gens qui ont l’air très accueillants et chaleureux malgré tout ce que l’on peut entendre sur le pays. Je pense que nous passerons par cette étape lors de notre périple =)
    Delphine Articles récents..10 trucs + ou – inutiles à connaître sur Florence (Italie)My Profile

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  • Chris

    Aaah, la Birmanie …

    Je suis resté trois mois dans le pays pour faire un reportage sur la résistance et je me permettrais juste une petite remarque : ce n’est pas parce que les gens sont très très souriants (il est vraiment fou, ce sourire birman) qu’ils sont pour autant heureux. Souvent, les Asiatiques (j’en suis un) ont un sourire de facade, comme un rictus, pour interagir socialement avec les étrangers. Un sourire ne veut pas forcément dire « je suis heureux », « tu m’as l’air sympathique » ou « on s’amuse bien », ça veut souvent seulement dire « bonjour et au revoir, je t’ai croisé, je sais que t’existes mais je m’en fous un peu de toi en réalité ».

    Pour la dernière question : oui, il faut absolument y aller, et le plus possible. Ce n’est pas le tourisme qui finance le régime des militaires (les rubis, la drogue, la contrebande rapportent tellement plus) mais par contre, il aide énormément la population locale (malgré des taxes et prélèvements obligatoires). Surtout: il permet aux citoyens de respirer. Vous imaginez vivre un pays dans lequel aucun étranger ne met les pieds ? On étoufferait.
    Chris Articles récents..Une liste au Père Noël pour rendre les voyages magiquesMy Profile

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  • Julien

    Chris qui casse le mythe, ça fait mal :p

    Sinon, je conseille la bd « Chroniques Birmanes » qui est plutot bien faite et raconte la vie d’un dessinateur qui a suivi sa femme qui travaille pour MSF. Ca permet d’en apprendre un peu plus sur l’envers du décors.
    Julien Articles récents..Mesa Verde et les amérindiensMy Profile

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  • Mario Dubé

    Bonjour,

    Très intéressant comme article. Ce qui m’intrigue toutefois, c’est qu’Aurélien pense qu’il a été suivi la dernière semaine. J’aimerais bien qu’Aurélien nous donne plus de précisions à ce sujet. Les touristes seraient-ils surveillés à ce point ?

    Mario
    Mario Dubé Articles récents..Une vie de moine au LaosMy Profile

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    • Aurélien

      Salut Mario,

      C’est étrange comme impression. Je me suis très bien senti tout le voyage mais une étape a pris une étrange tournure :
      Je revenais du lac Inlé en bus de nuit. Arrivé à Yangon (gare routière Aung Mingalar), je me suis mis à la recherche d’une compagnie qui pourrait me conduire à Kyaikhto (rocher d’or). J’ai intérrogé plusieurs personnes qui m’ont indiqué la direction principale à suivre (cette gare de bus est immense). Mon dernier interlocuteur a même eu la politesse de m’accompagner jusqu’à une compagnie. J’ai vérifié les horaires, et donné mon accord pour acheter un ticket. Le guichetier avait à peine commencé à remplir mon ticket de bus et à me poser quelques questions d’usage qu’un homme s’est placé à côté de lui au comptoir. Je ne suis pas sûr, mais vraisemblablement celui qui m’avait accompagné jusque là. Le type a pris le stylo et le billet de bus des mains du guichetier et a complété le ticket en griffonnant quelques infos en birman. A l’endroit réservé pour l’identité du passager, il a maladroitement écrit quelque chose en caractères latins, mais qui ressemble très très fortement au début de mon prénom et de mon nom… Je ne connaissais personne, mon identité n’était pas écrite en évidence sur mon sac… Troublant…
      Enfin… Le voyage s’est révélé pénible. C’est le seul voyage où des personnes se sont retournées plusieurs fois sur moi dans le bus entre deux phrases marmonnées en Birman.
      Pour le reste, pas de souci. Une fois arrivée à Kyaikhto, tout a repris une tournure normale et paisible !

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  • Christophe

    Tous ceux qui reviennent de Birmanie font remarquer l’extrême gentillesse de la population locale, c’est donc visiblement un pays très accueillant qui gagne à être connu … d’autant plus avec ses magnifiques paysages et temples 😉
    Christophe@LesVadrouilleurs Articles récents..[Interview Voyageur] Laurent Follin et la Birmanie en sac à dosMy Profile

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